Dimanche 29 juin 2025 – FĂȘte de Saints Pierre et Paul

PremiĂšre messe d’ Henri Godefroy

Quelle joie pour l’Église de cĂ©lĂ©brer aujourd’hui la fĂȘte des ApĂŽtres Pierre et Paul. Le calendrier liturgique fait bien les choses alors qu’Henri cĂ©lĂšbre aujourd’hui ce qu’il est convenu d’appeler sa premiĂšre messe, mĂȘme si hier il a dĂ©jĂ  concĂ©lĂ©brĂ© avec notre archevĂȘque Ă  Notre-Dame lors de cette si belle cĂ©lĂ©bration des ordinations. Et cette messe est aussi pour notre paroisse notre messe de fin d’annĂ©e. Et nous rendons grĂące Ă  Dieu pour tout ce qu’il nous a donnĂ© de vitre au cours de cette annĂ©e scolaire qui s’achĂšve. Il faudrait que nous puissions dire avec St Paul : “J’ai menĂ© le bon combat (
) j’ai gardĂ© la foi”.

Rendre grĂące Ă  Dieu ne signifie pas que nous sommes naĂŻfs au point de dire “tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil”. Non ! Nous savons tous les drames que traverse le monde. Mais nous savons aussi que Dieu n’abandonne pas notre humanitĂ©. C’est encore Saint Paul qui vient de nous dire : “Tous m’ont abandonnĂ©. Le Seigneur, lui, m’a assistĂ©”.

C’est dans cette perspective que nous avons Ă  entendre la question que JĂ©sus pose Ă  ses disciples : “pour vous, qui suis-je ?”. La question est radicale. Elle ne sollicite pas une opinion parmi d’autres. “Pour vous, qui suis-je ?”. Il les appelle Ă  formuler leur foi. C’est ce qu’ils font par la bouche de Pierre : “Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant”. JĂ©sus souligne alors que cette profession de foi n’est pas la conclusion d’un raisonnement. C’est un don de Dieu : “Ce n’est pas la chair et le sang qui t’ont rĂ©vĂ©lĂ© cela, mais mon PĂšre qui est aux cieux”. En confessant que JĂ©sus est le Messie, Pierre accueille en lui la vĂ©ritĂ© de Dieu. Et malgrĂ© tout, aprĂšs que JĂ©sus lui ait promis les clefs du royaume des cieux, Pierre se montrera incapable de comprendre l’annonce de la Passion : “Tes pensĂ©es ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes”. Ces versets suivent ceux d’aujourd’hui. Et JĂ©sus ajoutera que celui qui veut ĂȘtre un disciple doit prendre sa croix.

Au moment oĂč approche l’heure dĂ©cisive de sa mission, JĂ©sus sollicite donc de ceux qui le suivent un acte de foi en sa divinitĂ© et une disponibilitĂ© Ă  perdre leur vie.

C’est ce qui est demandĂ© d’une maniĂšre toute particuliĂšre Ă  ceux qui s’engagent dans le sacerdoce. Dans un message qu’il a adressĂ© aux prĂȘtres du monde entier (en la fĂȘte du SacrĂ© CƓur qui est la journĂ©e de sanctification des prĂȘtres), le pape LĂ©on XIV Ă©crivait : “la fĂȘte d’aujourd’hui renouvelle dans nos cƓurs l’appel Ă  nous donner totalement au service du peuple saint de Dieu”. Henri, les prĂȘtres qui sont ici, et les prĂȘtres du monde entier, c’est au don de toute notre vie pour Dieu et pour les hommes que nous avons Ă©tĂ© appelĂ©s. Le Seigneur nous a sĂ©duits et nous nous sommes laissĂ© sĂ©duire. La prĂ©face de la messe chrismale nous le redit : “C’est le Christ qui choisit, dans son amour pour ses frĂšres, ceux qui, recevant l’imposition des mains, auront part Ă  son ministĂšre”. Oui, c’est la Christ qui choisit. Oui, c’est le Christ qui appelle les hommes Ă  tout quitter pour le suivre. Oui, c’est le Christ qui envoie en mission. Et le Christ choisit qui il veut, quand il veut, oĂč il veut. Et Henri, comme chaque prĂȘtre, est bien l’un de ceux que le Christ a appelĂ© un jour. Pourquoi ? Comment ? Peu importe. Si j’ose dire, c’est l’affaire de Dieu. Car il y a lĂ  un mystĂšre. MystĂšre de l’appel, mystĂšre de celui qui rĂ©pond, mystĂšre de la foi.

Oui, vraiment ! Celui qui veut comprendre le sacerdoce doit regarder vers le Seigneur transpercĂ©. C’Ă©tait la fĂȘte du Vendredi. Je saisirai mieux l’esprit dans lequel le prĂȘtre doit assumer sa mission, en disciple du Christ qui a aimĂ© “jusqu’au bout” (Jn 13,1). Du cƓur du Christ nait l’Église et jaillit la source des sacrements dont l’Eucharistie est le couronnement. En consĂ©quence, le prĂȘtre, homme de l’Eucharistie, bĂątit l’Eglise et rassemble la communautĂ© au nom et avec l’autoritĂ© du Christ, bon Pasteur. Tout prĂšs du cƓur de JĂ©sus, le prĂȘtre apprend comment ĂȘtre tĂ©moin de la tendresse de Dieu et ministre de l’unitĂ© et de la rĂ©conciliation. Dans le cƓur du Christ, le prĂȘtre trouve le rappel perpĂ©tuel de ce qui constitue sa mission. Il est urgent de rappeler Ă  tous les croyants combien est irremplaçable la mission du prĂȘtre qui, en chaque eucharistie,  conduit le peuple de Dieu Ă  la source inĂ©puisable du cƓur du Christ. C’est pourquoi, il ne faut jamais hĂ©siter Ă  demander ce pourquoi ils ont Ă©tĂ© ordonnĂ©s. Demandez aux prĂȘtres qu’ils vous donnent les sacrements. Par les sacrements, notamment l’Eucharistie et la RĂ©conciliation, le prĂȘtre transmet aux baptisĂ©s la vie mĂȘme de Dieu. OĂč ailleurs que dans cette transmission de la vie de Dieu, pourrait-il trouver une joie plus grande ?

Dans un message Ă  la confĂ©rence des Ă©vĂȘques de France, Ă  l’occasion du centenaire de leur canonisation, LĂ©on XIV met sous nos yeux, en plus de Sainte ThĂ©rĂšse de Lisieux, la figure de deux prĂȘtres : Saint Jean Eudes et Saint Jean-Marie Vianney. Saint Jean Eudes et son amour des cƓurs de JĂ©sus et de Marie. Saint Jean-Marie Vianney qui disait : “le sacerdoce, c’est l’amour du cƓur de JĂ©sus”. Ces deux prĂȘtres, dit le pape, parlent Ă  la conscience de nombreux jeunes sur la beautĂ© du sacerdoce. Et ils peuvent donner le courage de rĂ©pondre avec gĂ©nĂ©rositĂ© Ă  l’appel.

Les ordinations d’hier sont une fois encore l’occasion de prier pour les vocations sacerdotales. Il nous faut crĂ©er les conditions pour que l’appel soit entendu et que la rĂ©ponse soit possible. Les prĂȘtres ne sont pas des objets Ă  admirer dans une vitrine. Ils sont les maillons d’une chaine qui s’Ă©tire depuis le dialogue de Pierre avec JĂ©sus, qui se continue aujourd’hui et qui se prolongera jusqu’Ă  la fin des temps. Les prochains maillons sont dĂ©jĂ  parmi nous. Je ne sais pas qui. Je ne sais pas oĂč ils sont. Peut-ĂȘtre eux-mĂȘmes ne savent-ils pas encore Ă  quoi ils sont appelĂ©s. Mais ce que je sais, c’est que la foi vĂ©cue suscite la disponibilitĂ© et que certains accepteront de se mettre Ă  la suite du Christ et deviendront prĂȘtres du Seigneur “pour que le monde ait la vie”.

Une annĂ©e scolaire, donc, se termine. Et nous rendons grĂące Ă  Dieu. Nous avons essayĂ© d’ĂȘtre, dans ce quartier dans lequel nous vivons et que nous aimons, mais aussi dans les lieux oĂč la vie nous entraine chaque jour, signes de l’amour de Dieu pour les hommes. Nous avons la grĂące d’ĂȘtre une belle communautĂ©, heureuse de se rassembler chaque dimanche pour cĂ©lĂ©brer la rĂ©surrection du Christ. Nous prions pour ceux qui quittent le quartier. Nous prions en particulier pour le pĂšre Gilles Drouin qui rejoint son diocĂšse d’Evry oĂč il est nommĂ© vicaire gĂ©nĂ©ral. Nous le remercions de ce qu’il nous a donnĂ© ici pendant deux annĂ©es. Nous prions pour les paroissiens qui dĂ©mĂ©nagent au grĂ© des Ă©volutions de l’Ă©tĂ©. En septembre, nous saurons accueillir ceux qui arrivent.

Je demande à Dieu que cet été soit pour chacun de nous un temps de repos afin que nous puissions refaire nos forces avant de nous retrouver plein de joie et de projets au mois de septembre.

Aujourd’hui, le Seigneur nous appelle tous Ă  ĂȘtre disciples missionnaires. Suivons le Christ sur le chemin de l’Evangile.

Amen !