Ne nous laisse pas entrer en tentation (22 février – 1er dimanche de Carême)

Voir les textes de ce dimanche

Lors d’une récente séance de préparation au mariage, l’un des fiancés m’a confié sa surprise à propos du changement de formulation opéré dans le Notre-Père : « Ne nous laisse pas entrer en tentation », et non plus « Ne nous soumets pas à la tentation ». Sans lui faire remarquer que cela remontait à un certain temps…, je lui en ai expliqué la raison. L’objectif était de clarifier la formule, pour ne pas laisser croire que la tentation avait Dieu pour source. Toutefois, Dieu permet la tentation. Elle fait partie de la condition originelle de l’homme, comme le montre le récit du serpent, en Gn 2. Mystérieusement, cela vient éprouver la liberté humaine.

Cette distinction entre « éprouver » et « tenter » est importante. Un principe vient éclairer cela : Dieu éprouve pour qualifier, Satan tente pour faire tomber. A l’origine, nous pourrions dire que Dieu « tente » l’homme, dans le sens qu’il en fait la tentative. De tentative à tentation, le glissement s’opère à travers le
changement d’acteur. Ceci est illustré par le passage de Gn 2 à Gn 3, contenu dans la 1 lecture de ce dimanche. Adam et Eve y rencontrent un nouveau venu dans le jardin d’Éden. Ce personnage revêt les traits surprenants d’un serpent qui parle. Dans le dialogue, il détourne le commandement de Dieu concernant l’interdiction du fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Avec Dieu, celle-ci était un lieu d’épreuve pour l’homme. Avec le serpent, il devient un lieu de tentation.

Dans l’évangile, le Christ est tenté par Satan. Mais il a été « conduit au désert par l’Esprit » en vue de cela. Epreuve et tentation sont à nouveau mêlés, mais n’ont pas le même sujet. Résister à la tentation nous convertit et nous affermit. Mais réussir l’épreuve nous déploie et nous réalise. Voilà un beau
programme de Carême !

Père Pierre-Henri Debray+

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